ACTUALITES Conférence #TE2018 : la qualité d’eau en élevage de volailles

Qualite de l'eau

La qualité d’eau en élevage de volailles : un levier majeur de réussite

Les projets menés par la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire (CAPdL) et l’ITAVI, et financé par la région Pays de la Loire ainsi que le projet Ecoantibio, ont eu pour but d’étudier la conception des circuits d’abreuvement, et l’influence de la présence de biofilm à l’intérieur des lignes d’abreuvement sur la qualité bactériologique de l’eau distribuées aux volailles.

L’eau étant le premier intrant en élevage avicole, sa qualité bactériologique et ses propriétés physico-chimiques doivent correspondre aux critères de potabilité humaine. Il s’agit d’un levier majeur de réussite du démarrage des poussins et donc du lot, pour toutes les productions, conventionnelles ou alternatives.

Le biofilm a été observé grâce à une caméra endoscopique rentrée dans le bout de la ligne d’abreuvement, et caractérisé selon une grille spécifique comportant 3 indicateurs : l’épaisseur et la surface du biofilm, la présence dans les recoins difficile d’accès (à l’arrière des pointeaux de pipettes par exemple), et la présence de particules en suspension. Ces 3 éléments ont montré que s’ils n’étaient pas maitrisés, le biofilm pouvait se développer facilement en cours d’élevage.

Lorsqu’il y avait du biofilm, la qualité d’eau était toujours dégradée, mais l’inverse n’est pas vrai : ce n’est pas parce qu’il y a absence de biofilm que la qualité bactériologique était satisfaisante. Aussi, l’observation du biofilm ne peut être utilisée comme seul critère pour estimer la qualité d’eau d’abreuvement. Il est nécessaire de réaliser des analyses d’eau en bout de ligne au moment de l’arrivée des poussins pour bien évaluer la potabilité de l’eau au démarrage.

Avec le suivi de 7 lots de poulets standards, il a aussi été montré que la réalisation d’un bon protocole de nettoyage et désinfection des canalisations lors du vide sanitaire était un pré-requis indispensable à l’absence de biofilm en cours d’élevage. Aussi la réalisation de purges régulières semble limiter son développement mais ne l’empêche pas complètement. Aussi, pour la bonne santé des poussins, il a donc été recommandé d’avoir des pratiques de purges fréquentes les 15 premiers jours de vie des animaux, et de réduire ensuite cette fréquence. D’un point de vue économique il a aussi été montré qu’il valait mieux réaliser des purges courtes mais fréquentes (2min trois fois par jour à haute pression par exemple) plutôt qu‘une longue purge (10 min) par jour. De plus cette pratique est plus efficace pour lutter contre le développement du biofilm et donc favoriser la distribution d’une eau plus saine aux animaux, et ainsi aller dans le sens de la démédication.

Enfin, la température de l’eau et la réalisation de purges fréquentes impacte peu la présence de condensation en élevage. La gestion d’une bonne ventilation est beaucoup plus efficace. La plage de température satisfaisante répond donc en priorité aux besoins des animaux, par rapport à leur âge. La réalisation de purges courtes limite le refroidissement trop important de l’eau donnée aux animaux, et limite ainsi un stress digestif dans leur plus jeune âge. On pourrait recommander de ne pas descendre sous les 20°C pour la première semaine de démarrage.

Tous les résultats et préconisations issus de ce projet figurent dans une brochure réalisée par la CAPdL diffusée gratuitement en ligne, et sous format papier auprès des éleveurs, des techniciens, des vétérinaires, et des groupements de productions.

Gaëlle Pauthier, Chargée de mission avicole, CAPdL

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