ACTUALITES Robotique : L’agriculture d’après-demain

L’unique prototype de robot multi-usages Pumagri.

RobotiqueL’unique prototype de robot multi-usages Pumagri.

Le monde agricole bénéficie des avancées technologiques et évolue ainsi vers une agriculture de précision. Le robot Pumagri, projet collaboratif, est l’illustration de ces progrès.

En agriculture, l’application concrète des progrès techniques en matière de robotique permet de donner aux exploitants l’opportunité d’évoluer vers une agriculture de précision. « Produire plus et mieux, en utilisant moins d’intrants », synthétise Bertrand Pinel, responsable Recherche & Développement robotique chez Terrena Innovation.

C’est le cas du prototype de robot Pumagri, projet financé par le programme Fonds unique interministériel, et par conséquent collaboratif.

L’unique prototype de robot multi-usages Pumagri.

L’unique prototype de robot multi-usages Pumagri.

Aller vers l’agriculture de demain

La vocation initiale du projet est de créer une plateforme mobile, adaptée aux différentes cultures (robot enjambeur) et multi-usages. « Les premiers tests ont démarré en 2016, en maraîchage. Le robot devait effectuer le binage dans des inter-rangs de salades. En 2017, nous continuons les tests sur la vigne :
le robot a alors une mission de désherbage mécanique entre les rangs
 ».
Les tests vont continuer en 2018, tout en évoluant sur des missions plus complexes, comme « du désherbage en culture dense, comme la mâche en maraîchage par exemple ».

Le but du robot Pumagri est de pouvoir remplacer la main d’oeuvre lorsqu’elle vient à faire défaut.

Identifier les maladies, les adventices, les problèmes de verse, les dégâts de gibiers ou les attaques de ravageurs, mais aussi gérer l’enherbement et la pression fongique : tels sont les enjeux des plateformes robotisées en agriculture. « Le robot doit pouvoir exercer le même contrôle que l’œil humain ».

Deux enjeux de taille : sécurité et énergie

Le robot Pumagri est conçu comme un petit tracteur : il est équipé d’un attelage 3 points, afin de pouvoir lui associer des outils déjà existants. « Il interagit avec son environnement grâce à toute une série de capteurs optiques, lasers et GPS, et de caméras. C’est d’ailleurs cette capacité d’interaction avec l’extérieur qui différencie les robots des automates ».

Le but est d’obtenir un robot avec une autonomie très importante, afin de pouvoir travailler 24 h/24. « Il intègre une centrale thermique pour pouvoir se recharger automatiquement : le robot s’isole pour faire tourner un générateur. Ce principe fonctionne, mais il faut maintenant le tester avec des tâches plus complexes, autres que la simple locomotion ».

Le robot Pumagri fonctionne donc au 100 % électrique et il a une puissance de 40 chevaux. « Mais ce qui prime en termes de robotique agricole est la sécurité. On conçoit des robots qui travailleront seuls dans un champ, lorsque la législation aura évolué. Les capteurs permettront d’allier sécurité et navigation ». Des « barrières virtuelles électriques”, pour délimiter un périmètre d’action, sont par exemple envisageables : lorsque le robot rencontrera ces « fils”, il se coupera et enverra un message à l’utilisateur.

Des capteurs et des caméras permettent d’allier navigation, autonomie et sécurité.

Des capteurs et des caméras permettent d’allier navigation, autonomie et sécurité.

L’interface homme-machine

Trois couleurs de LED permettront à l’exploitant de savoir ce que fait le robot : pause, travail ou charge. Une interface sur téléphone portable et ordinateur permettra aussi de piloter les missions du robot.

Le projet devrait se concrétiser à la fin de l’année 2018. Les phases de réalisation et de commercialisation devraient voir le jour en 2019 ou 2020. Le premier domaine d’application du robot concernerait le maraîchage.

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