ACTUALITES Un robot de désinfection des poulaillers autonome

La start-up choletaise, Octopus robots, a conçu l’Octopus poultry safe, un robot d’assainissement des poulaillers, doté de nombreux systèmes embarqués de surveillance du bâtiment.

 

Un véritable « shérif des poulaillers » : c’est ainsi que les concepteurs de l’Octopus poultry safe présentent leur innovation, distinguée au dernier Space de Rennes. Ce robot, dont les premières livraisons sont prévues au deuxième semestre 2017, peut diffuser des produits assainissants, aérer les litières mais ce n’est pas tout ! Il peut aussi aider l’aviculteur à surveiller, à distance, son bâtiment d’élevage. Doté de systèmes intelligents embarqués et connectés, il peut cartographier la température du bâtiment, l’hygrométrie, le niveau d’ammoniaque, de CO2 , la luminosité ou encore le niveau sonore. Auxiliaire de l’éleveur, Octopus poultry safe est également doté d’un système de détection automatique de volumes de volailles, de recueil et de traitement des données tout au long du cycle d’engraissement.

Des chambres d’hôpital aux litières avicoles

C’est en plein centre-ville de Cholet (49) qu’a été conçue cette innovation, dans de discrets locaux où phosphorent une petite dizaine de personnes, dont de jeunes ingénieurs passionnés de robotique. Octopus robots, division de la société MCAI, est spécialisée dans la désinfection de surfaces par voie aérienne. « Cela a débuté par de la désinfection de chambres d’hôpital et de laboratoires à l’eau oxygénée. Puis on a identifié une vraie problématique sur la gestion des litières », explique Charles-Olivier Oudin, directeur administratif et financier de la start-up. La technologie s’adresse aujourd’hui, en priorité, au secteur avicole et entend répondre à la problématique de prolifération des bactéries multirésistantes aux antibiotiques.

Complètement autonome, le robot aère la litière grâce à un scarificateur.

Complètement autonome, le robot aère la litière grâce à un scarificateur.

Lutter contre l’antibiorésistance

L’entreprise propose une solution d’assainissement utilisable aussi bien pour les vides sanitaires qu’en continu. « Pour un vide sanitaire, le robot peut faire le travail en un ou deux jours, avec l’avantage que l’éleveur n’a pas de contact avec le biocide », souligne CharlesOlivier Oudin. Autre atout d’Octopus poultry safe, il diffuse du brouillard sec, « alors qu’un pulvérisateur va avoir un effet mouillant ». Le robot intervient aussi en continu, de manière autonome, en diffusant un biocide à effets bactéricide, fongicide et virucide. L’engin porte un scarificateur qui vient aérer la litière et empêcher qu’elle ne fasse le lit de bactéries multirésistantes. « Cela va dans le sens de la baisse de l’usage des antibiotiques », souligne CharlesOlivier Oudin, le risque d’antibiorésistance étant un enjeu sanitaire majeur au niveau mondial. La méthode est testée à la fois avec des produits chimiques mais aussi avec des huiles essentielles, « avec d’excellents résultats ». L’Octopus est en test au sein de grands groupes volaillers (Doux, Terrena et LDC) et chez des éleveurs et sa diffusion va s’étendre à l’étranger : « Nous allons démarrer des tests en Italie mais aussi au Brésil et aux États-Unis. » Il s’agit notamment de voir l’utilisation du robot dans des élevages beaucoup plus grands qu’en France, où le parc est plutôt vieillissant. Le robot coûte 30 000 € (tout compris) à l’achat mais il sera également proposé à la location (1 600 € par mois y compris le biocide) et en prestation. L’entreprise a calculé qu’il permettait de réaliser, dans un élevage moyen, un gain de 40 000 € sur une année.

Gains de productivité

Des gains sont permis grâce à une diminution de la mortalité et à une augmentation du Gain moyen quotidien (GMQ) des volailles. Un meilleur GMQ permet d’augmenter le poids du poulet à l’abattage et d’être davantage en phase avec le marché. Des tests sont menés aussi pour la diffusion de vaccins par le robot. Vis-à-vis de la prévention contre la grippe aviaire, l’automatisation comporte un avantage : celui d’éviter des entrées et sorties trop fréquentes dans le bâtiment. D’autres déclinaisons sont à l’étude. Le robot détecterait les poulets morts et un bras articulé viendrait retirer ces animaux sans nécessiter une présence humaine. Il pourrait aussi repérer des œufs au sol dans les élevages de poules pondeuses. Outre l’aviculture, Octopus s’intéresse de près à d’autres secteurs d’activités. Une étude est réalisée en collaboration avec Végépolys sur la désinsectisation en maraîchage sous serre. Un travail est aussi en cours avec la SNCF pour l’entretien des voies de maintenance des chemins de fer.

 

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