ACTUALITES Domotique – Superviser à distance les bâtiments d’élevage

Installée au Mans, la société Ascape crée des logiciels pour superviser à distance des installations techniques de bâtiments. Depuis deux ans, elle teste un nouveau produit dédié à l’élevage avicole, sur une exploitation sarthoise, à Spay.

 

Surveiller le bon fonctionnement d’une chaîne d’alimentation, régler la luminosité et contrôler l’ambiance d’un bâtiment avicole… Le tout à distance. C’est ce sur quoi travaille actuellement la société mancelle Ascape.

D’abord tournée vers une clientèle de collectivités ou d’établissements scolaires pour lesquels elle créait, depuis 2012, des logiciels de supervision de chaufferies et de réseau de chaleur, l’entreprise s’intéresse aussi aux installations techniques des bâtiments agricoles, avec le même objectif d’en « améliorer la performance énergétique ».
Pesée automatique des poules

Concrètement, à partir du boîtier de commande, Valérie Robin, règle l’intensité de la lumière –avec un maximum de 20 lux pour les leds– et programme l’allumage et l’extinction de manière progressive –sur une quinzaine de minutes– dans le bâtiment.

L’éleveuse programme également le temps de distribution de l’aliment et le nombre de kg à distribuer par repas.

« Si ces seuils sont dépassés, nous sommes alertés. Cela évite que la vis du silo de distribution tourne dans le vide, note-t-elle, et je n’ai plus besoin d’être systématiquement dans le bâtiment pour surveiller que les repas sont bien distribués ».
La ventilatiecran_ascapeon du bâtiment est aussi contrôlée par le boîtier. « Par exemple, on voit que les ventilateurs fonctionnent à 66% de leur potentiel aujourd’hui pour maintenir une ambiance intérieure à 18°C », décrit-elle.
Enfin, le dernier élément intégré à la supervision est la pesée des poules. « C’est vraiment ce qui me libère du temps, confie Valérie Robin. Avant, pendant les trois premiers mois d’un lot de poules pondeuses, nous devions peser une centaine de volailles pour obtenir un poids moyen, indicateur du bon développement des animaux. Cette opération se déroulait manuellement et durait plus d’une heure ».
Aujourd’hui, 5 à 600 poules sont pesées automatiquement tous les jours et les données, enregistrées dans le boîtier, sont facilement exploitables par l’éleveuse.
Car face à son ordinateur, Valérie Robin contrôle aussi ses volailles. L’interface lui permet d’accéder aux mêmes onglets (lumière, ventilation, pesée…) et aux données compilables sur la durée qu’elle souhaite (jour, semaine, mois, année). Quand elle est au bureau, l’agricultrice vérifie par exemple le critère de consommation d’eau qui est « un bon indicateur du comportement des poules ». En évitant les déplacements inutiles au bâtiment, l’agricultrice gagne en efficacité dans son travail quotidien.
Après cette première expérimentation, Ascape –qui a participé aux rencontres de l’agriculture connectée en dé- cembre dernier à Angers– va prochainement équiper un second site de poules pondeuses de Loué, en Sarthe, et développe actuellement la supervision à distance pour les poulaillers de chair. « Nous aimerions également intégrer la supervision incendie des bâtiments d’élevage », annonce Yves Vandecandelaere, dirigeant d’Ascape.

 

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